On se sert du roman policier pour faire passer toutes sortes de « messages », messages prétendument humanitaires, ou carrément philosophiques! Il y a un courant assez fort, actuellement, qui véhicule des trames ayant pour base l’indispensable policier véreux et l’assassin, innocente victime du sort. ... Entre parenthèses, aucun suspens quant à l’identité du coupable : c’est invariablement « la société ». Et tout cela, bien sûr, baigne la plus béate utopie.

— Paul Halter, À 139 pas de la mort

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dimanche 27 novembre 2011

The Act of Roger Murgatroyd — Gilbert Adair (2006)

Gilbert Adair est un auteur postmoderne… Voilà déjà qui ne promet rien de bon… Son livre, « The Act of Roger Murgatroyd » se veut une parodie hilarante des œuvres d’Agatha Christie et des autres auteurs de l’Age d’Or du roman d’énigme. Il y a même un crime impossible dans une chambre close ! Qu’est-ce qui pourrait aller de travers ? Réponse : plein de choses

Ce livre est atroce, tout simplement. Rien ne fonctionne. Adair est un auteur vaniteux qui se croit le plus intelligent au monde. Ses blagues sont nulles et il démontre qu’il ne comprend pas le roman policier du tout. Parfois, une de ses blagues fonctionne… il la réutilise alors encore et encore, ad nauseam, jusqu'à ce qu'on ait envie de l'étrangler!

Cependant, l’humour ne marche pas parce que le livre transpire d'une véritable haine pour les romans d’énigme. Adair ne cache pas son opinion : tous pareils et sans intérêt. Sa solution du crime impossible est, franchement, la plus stupide que j’ai jamais lue. Elle ne fonctionnerait jamais dans la réalité, et de plus, il y a un trou dans l’intrigue si grand, qu’on y pourrait mettre un cirque entier (avec deux ou trois éléphants). Et ledit cirque serait beaucoup plus amusant que ce livre.

Finalement, la « héroine », Evadne Mount est le personnage de roman le plus agaçant que j’ai jamais rencontré. Sa voix est forte et insupportable, et ses « observations » sur le mystère donnent envie de vomir. Tout pose problème en fait.

  • Evadne Mount parle du « Detection Club » et prétend en être membre. Elle dit qu’elle, avec ses confrères, a inventé le terme « Mayhem Parva » pour décrire un village d’une apparence idyllique où un meurtre, alors que la trouvaille revient en fait à Colin Watson dans son livre Snobbery with Violence, écrit dans les années 1970, à peu près 40 ans plus tard !

  • Vers la fin du livre, Evadne Mount inflige au lecteur une liste interminable de noms d' auteurs de romans à énigmes. C’est un geste purement hypocrite de la part d’Adair, qui essaye de convaincre les admirateurs du genre qu'il cherche leur approbation. Beaucoup des auteurs sur la liste n’étaient pas encore populaires à cette époque (à peu près les années mi-1930). Par exemple, le premier roman de Ngaio Marsh, mentionné dans cette liste, date de 1934.

  • Gilbert Adair force Evadne Mount à parler de G. K. Chesterton, mais son discours se borne à dire que « Gilbert est un génie. » Ho. Ho. Ho. Subtil.

  • Evadne Mount mentionne John Dickson Carr plusieurs fois, toujours de façon embarrassante. Finalement, elle mentionne la causerie du docteur Gideon Fell dans The Three Coffins (Trois Cercueils Se Refermeront…). Et c’est tout ! Adair ne démontre jamais aucune originalité— je soupçonne qu’il a simplement pris cette information sur Wikipédia, qui ne donne pas le texte complet. Il n’apporte rien de nouveau sur le sujet— Clayton Rawson et Anthony Boucher l’ont déjà fait mieux dans Death from a Top Hat (Miracles à vendre) et Nine Times Nine (Neuf fois neuf).

Une liste complète serait trop longue, mais voici une idée des stupidités où se complait Adair. Par exemple, il pense que le nom « Agatha Christie » est une blague. Il l’utilise souvent— vous comprenez ? C’est une blague parce qu’elle est une « rivale » d' Evadne Mount. (Encore de la subtilité...) Franchement, Evadne Mount est si agaçante que, par comparaison, Philo Vance ressemble au Dalaï-lama !

Gilbert Adair ne comprend rien à la parodie. « The Act of Roger Murgatroyd » n’est pas amusant du tout, et l’auteur démontre son ignorance complète du genre. C'est un livre affreux sur chaque plan. C'est une insulte à Agatha Christie, John Dickson Carr, et autres auteurs que j’admire.

mardi 9 août 2011

Brunet Wieczorową Porą (1976; litt. « Un homme brun le soir ») — réalisation: Stanislaw Bareja


Le roman policier est de plus en plus populaire en Pologne. Pour comprendre pourquoi la Pologne n’a jamais eu un « Age d’Or », il faut connaître un peu l’histoire du pays. A la fin de la Première Guerre Mondiale, la Pologne redevint indépendante après 123 ans d’occupation. Entre 1772 et 1795, l’Allemagne, l’Autriche, et la Russie se sont « partagé » la Pologne, de sorte que jusqu’en 1918, la Pologne n’existait pas… en théorie, du moins. Les patriotes polonais refusaient de renoncer à  leur culture, et c’est pourquoi les polonais ont apporté leur soutien à Napoléon Bonaparte pendant les guerres napoléoniennes. Il est même mentionné dans le deuxième couplet de l’hymne national polonais.

C’est pourquoi la Pologne n’a pas participé à « l’Age d’Or ». Les polonais étaient trop occupés à reconstruire leur pays. Puis Hitler a envahi le pays, précipitant la Deuxième Guerre Mondiale. Après la guerre, un dictateur (Hitler) fut remplacé par un autre (Staline). Là encore, les circonstances n’étaient guère propices à un essor du roman policier. Il s’agissait de préserver une culture que les soviétiques essayaient d’éradiquer. (Un bon film sur le sujet est le Katyń d’Andrzej Wajda.)

C’est seulement depuis quelques années que le roman d’énigme est devenu populaire en Pologne : Agatha Christie est traduite en masse, ainsi que Erle Stanley Gardner. Les plus populaires romans policiers sont encore ceux avec du couleur politique, avec l’espionnage, des gouvernements malhonnêtes, etc. Mais on voit de plus en plus des romans plus « traditionnels », comme le livre Diabeł na wieży (« Le Diable sur la tour ») par Anna Kańtoch, qui mélange énigme policière et fantasy. Je n’ai pas encore lu le livre, mais les critiques sont enthousiastes, et j’ai demandé  à une amie qui habite la  Pologne si elle pouvait me le procurer.

Aujourd’hui, je voudrai parler d’un film polonais de 1976. C’était encore le temps du communisme, mais le film, Brunet Wieczorową Porą (« Un homme brun le soir ») est une comédie qui satirise beaucoup les conventions du roman d’énigme.

Michał Roman, un éditeur polonais, voit sa femme et ses enfants partir en vacances. Il espère que le weekend sera tranquille. Malheureusement, la soirée s’avère rien moins que calme — une gitane apparait à sa porte, et fait des prédictions étonnantes, la dernière vraiment effrayante. Elle dit que Michał rencontrera une personne avec des cheveux bruns le lendemain, et quand le soir arrivera, il le tuera. Elle part soudainement, laissant notre héros  vraiment effrayé.

Le lendemain, des évènements étranges se produisent. Le laitier trouve la montre de Michał, qu’il avait perdue—comme la gitane l’avait prédit. Les « numéros de la chance » qu’elle avait donnés à  Michał sont les numéros gagnants pour la loterie. Bref, tous les prédictions se réalisent, et Michał panique en se rappelant la dernière. Après plusieurs scènes comiques, il se trouve dans sa maison, tout seul… quand tout à coup, un homme aux cheveux bruns fait son entrée ! Michał le met promptement à la porte, et, heureux, va se coucher… mais pendant la nuit, un son le réveille, et par accident, il renverse une boîte remplie de couteaux… et  découvre l’étranger tué d’un coup de couteau dans le dos.

 Michał demande alors à son ami, Kazik Malinowski (joué par Wiesław Golas) de l’aider. Kazik explique rationnellement comment les prédictions de la gitane se sont réalisées, et les deux inventent un plan pour attraper le meurtrier. Les dernières scènes sont excellentes, avec un indice incroyablement stupide conduisant à la « vérité », et une chasse commence.

Le résumé semble exhaustif, mais je n’ai pas parlé des élements comiques qui occupent la plus grande partie du film. Les éléments de l’énigme sont plus ou moins comiques aussi— l’indice qui désigne le coupable est stupide, mais c’est le but. C’est une satire des  romans policiers  et surtout des films américains. Dans la dernière scène, Michał explique à un policier pourquoi l’indice était un vrai indice, et la réaction qui s’ensuit est un bel exemple de l’humour polonais aux dépens des forces de l’ordre.

L’humour est vraiment polonais : on y trouve beaucoup de blagues avec l’alcool, la milice, les russes, les américains, etc. Quelques blagues marcheront seulement pour ceux qui ont une bonne connaissance de l’époque. Mais dans l’ensemble, le film tient vraiment bien le coup. L’explication des « pouvoirs surnaturels » de la gitane est élégante, et avec un peu plus d’effort, le matériau aurait pu donner une énigme excellente. Mais le film tel qu’il est n’est pas si mal que ça—le « comment » et le « qui » sont  bien expliqué avec des bons indices, et l’humour est excellent. J’espère qu’un « Age d’or » est en train de commencer en Pologne, car l’imagination qu’on trouve dans ce film est excellente.

dimanche 31 juillet 2011

Top Storey Murder — Anthony Berkeley (1931)

Anthony Berkeley
Quand Anthony Berkeley écrivit son roman « The Layton Court Mystery » en 1925, son objectif était de créer un détective le plus antipathique que possible. Cet « honneur » devait échoir l'année suivante à S. S. Van Dine dont « L'affaire Benson » marquait la première apparition de son limier Philo Vance. Vance fut très populaire en son temps, ce qui m’étonne, car il est certainement l'un des détectives les plus odieux de la littérature policière.

Roger Sheringham, par contre, est un personnage amusant. Dans « Le club des détectives», il propose une solution incroyable reposant sur un raisonnement inattaquable… qui se révèle pourtant erronée, comme le démontre un autre personnage. Dans «Le gibet imprévu », il entreprend de « couvrir » celui qu'il pense être le coupable – mais que le lecteur sait être innocent. Dans le livre « Top Storey Murder », il décide d’engager une secrétaire, et se retrouve aux prises avec une femme dont l'efficacité le terrorise.

« Top Storey Murder » est un livre intéressant, mais d'une misogynie plus marquée que les autres œuvres de Berkeley. La chose est traitée de façon humoristique mais le lecteur moderne risque de ne pas apprécier. (Ce n'est pas mon cas — si vous avez eu plus que votre ration de comédies hollywoodiennes médiocres, le livre vous apportera une diversion bienvenue.) La force de Berkeley est qu’il est un excellent écrivain — misogyne ou pas, son style est merveilleux. Dans « Top Storey Murder », on trouve plusieurs scènes jubilatoires où Roger Sheringham s'échine à résoudre l'énigme que lui posent le comportement de sa secrétaire et des autres personnages féminins.

Mais mon propos n'est pas de décider quel niveau de misogynie est acceptable dans un roman, ni de spéculer sur la psychologie de l’auteur. L’œuvre est d’abord un roman d’énigme et un bon exemple de la « qualité Berkeley ».

Roger Sheringham se dispose à aller déjeuner avec son collègue, l’inspecteur Moresby, mais ce dernier reçoit un appel téléphonique et doit renoncer. Une femme âgé qui, d'après la rumeur, dissimulait chez elle une forte somme d'argent a été assassinée par un voleur qui s'était introduit dans son appartement. Voilà qui ressemble à une enquête de routine pour Scotland Yard, et Moresby invite Roger à y participer à titre d'observateur. Roger accepte, mais dès le début, la théorie du voleur ne lui semble pas correcte…

L’énigme est plutôt bonne, mais Berkeley a fait mieux. Le mécanisme du crime est excellent, même si je l’ai deviné, l’identité du coupable par contre est complètement arbitraire, aucun véritable indice n'étant donné au lecteur.

II n'en reste pas moins que Berkeley a un style excellent et le roman est amusant. Dans son temps, l’auteur était très populaire et respecté— il fut le  fondateur du « Detection Club » en 1930, et un de ses livres (« Before the Fact », écrit sous le nom Francis Iles) fournit la matière du « Soupçons » de Hitchcock. Anthony Berkeley était un génie, et mérite largement d'être redécouvert.

jeudi 30 juin 2011

À 139 pas de la mort — Paul Halter (1994)

C’est en septembre 1994 que paraît « À 139 pas de la mort ». Il s’agit - si l’on considère  « La Malédiction de Barberousse » comme le premier volume de la série -  du douzième roman mettant en scène l’inspecteur Archibald Hurst et le docteur Alan Twist, et l’on y trouve, comme d’habitude, un crime impossible.

L’histoire commence avec un jeune juriste, Nevile Richardson, en quête d’aventures. Alors même qu’il vient d’exprimer son désir de vivre quelque chose d’excitant, il aperçoit une jeune femme qui semble effrayée. Comme un homme la suit, Neville les prend en filature à son tour, et est témoin d’une conversation entre la femme et l’homme, qui parle d’une voix cassée.  Après le départ de l’homme, Nevile s’assoit à côté de la jeune femme qui le prenant pour quelqu’un d’autre commence à lui parler d’un rendez-vous pour le 16 à 21 heures. Elle est sur le point d’en  préciser le lieu quand elle se rend compte de son erreur; elle n’achève pas sa phrase et demande Nevile de tout oublier. Il n’en fait rien, et tente de déterminer le lieu du rendez-vous en s’appuyant sur les paroles et les actes énigmatiques de la jeune femme…

De leur côté, le docteur Twist et l’inspecteur Hurst reçoivent  la visité d’un nommé John Paxton., qui leur raconte une histoire digne de Conan Doyle ( « La Ligue des Rouquins » en particulier). On le paye pour livrer une lettre à une certaine adresse et en rapporter une autre, en empruntant un chemin particulièrement détourné, dans des vêtements fournis par le commanditaire. Comble de l’étrange, Paxton ayant ouvert les enveloppes n’y a trouvé que du papier blanc !

Une autre personne fait état d’une expérience similaire, et Nevile Richardson vient consulter les détectives au sujet du mystérieux rendez-vous. Le docteur Twist apporte finalement une réponse, et Nevile se rend au lieu du rendez-vous… pour y trouver John Paxton, assassiné… dans une pièce remplie de chaussures!

Il ne s’agit pas là du crime impossible, mais je n’en dirai pas davantage afin de ne pas déflorer l’intrigue. Quelques mots cependant sur les caractéristiques de ce crime impossible, qui pose deux problèmes en un. Le premier étant de savoir comment quelqu’un a pu entrer dans une maison complètement fermée de l’intérieur et en sortir, en laissant la clef dans la serrure de la porte d’entrée. Le deuxième étant la manière dont  l’assassin n’a laissé aucune trace sur le plancher qui n’a pas été balayé depuis cinq ans.
Quelque chose qui nous manque sur les lieux du crime…

J’avoue que j’ai beaucoup aimé la situation impossible. Le truc de la chambre close est bien trouvé — une variation astucieuse sur une vielle solution. J’ai apprécié également l’explication du problème du plancher. La solution est ingénieuse et l’indice majeur, bien en évidence.

Il y a malheureusement un hic : les indices donnés au lecteur ne sont pas suffisants pour conclure que l’assassin est bien X plutôt que Y. La solution apportée par le Dr. Twist est persuasive, mais je me suis demandé après coup : « Comment a-t-il pensé à cela ? » Le Grand Détective ferme les yeux, hoche la tête plusieurs fois, s’exclame « Eureka! » et dit au pauvre inspecteur d’arrêter le suspect le plus improbable.

Mais c’est un problème qui ne me dérange pas trop, car Halter nous donne en revanche tous les indices permettant de répondre au « comment », question en l’occurrence beaucoup plus intéressante que le « qui », et la solution est tout à fait acceptable de ce point de vue.

La lecture est assez rapide et passionnante — je ne pouvais pas m’arrêter de lire! Mais on discerne aussi les limites du « style Halter ». Ses personnages sont assez falots, travers qu’il partage avec John Dickson Carr. Mais ce n’est pas tout : je trouve que les personnages semblent plus français qu’anglais. Ils ne sont anglais que de nom (et encore, pas toujours). Je pense que M. Halter est un vrai anglophile— on trouve par exemple plusieurs passages vraiment intéressants sur l’histoire anglaise. Mais il n’arrive pas à saisir la psyché anglaise.

L’atmosphère du livre est excellente, mais pas aussi effrayante qu’elle aurait pu l’être. Halter prend une direction différente, et le résultat est intéressant— le livre est en quelque sorte une fantasmagorie. Les évènements ne cessaient  jamais de m’intriguer : on y trouve des rendez-vous mystérieux, un fantôme qui gémit de son tombeau, un homme mort qui profite encore de sa maison, et même une gouttière volée! (Il ne manque que des pirates et des plans pour une nouvelle bombe atomique.) Le ton est donné d’emblée. « Vous voulez des aventures? » « Eh bien, vous les aurez! »

Dans le 42ième chapitre, Halter offre une digression sur les romans d’énigmes. J’ai trouvé le discours fascinant, et je partage les sentiments du docteur Twist quand il évoque le triste état actuel du roman d’énigme. La partie consacrée aux chambres closes est intéressante, mais un peu trop brève— le docteur Twist offre quelques exemples et c’est tout. J’aurais aimé en savoir plus sur les idées de Twist en matière de crimes impossibles, car il est évident que le personnage  partage les opinions de son créateur. L’idée d’une causerie à l’intérieur du roman n’est pas nouvelle. On peut en trouver de bons exemples dans Miracles à vendre (Death from a Top Hat) de Clayton Rawson, Neuf fois neuf (Nine Times Nine) d’Anthony Boucher, et  dans Trois Cercueils se refermeront (The Three Coffins) de John Dickson Carr (la meilleure à mon avis).

J’aime beaucoup l’attitude de M. Halter envers le roman policier; il n’hésite pas à défendre les grands maîtres du passé, comme John Dickson Carr. A une époque où  le genre « noir » domine le marché, c’est un vrai plaisir de rencontrer un auteur qui suit les traditions de « l’Age d’Or » et le revendique. Je tiens dans l’ensemble l’œuvre de M. Halter en très haute estime : son imaginaire  est fascinant et ses crimes impossibles sont aussi intrigants que ceux de son idole John Dickson Carr. Ses intrigues sont haletantes et je les suis toujours avec intérêt. Carr sera toujours mon auteur favori, mais Halter est son digne successeur.

mardi 21 juin 2011

Bienvenue!

Bonjour et bienvenue « Sur les lieux du crime »! Ici, comme sur mon blog anglais, je parlerai de ma grande passion : les romans policiers, surtout ceux qui suivent les règles du jeu. Je suis d' accord avec ce passage d'À 139 pas de la mort de Paul Halter, ou son détective favori, le Dr. Twist, s'exclame :

Eh oui, que voulez-vous, de nos jours, c’est l’anatomie féminine qui fait recette en littérature! Mieux : on se sert du roman policier pour faire passer toutes sortes de « messages », messages prétendument humanitaires, ou carrément philosophiques! Il y a un courant assez fort, actuellement, qui véhicule des trames ayant pour base l’indispensable policier véreux et l’assassin, innocente victime du sort. Bref, on veut refaire le monde. Entre parenthèses, aucun suspens quant à l’identité du coupable : c’est invariablement « la société ». Et tout cela, bien sûr, baigne la plus béate utopie. On invente des dragons pour jouer les saint George, on s’incline respectueusement devant des iconoclastes notoires en les baptisant « artistes ».

Ce discours résume parfaitement mon point de vue et sera donc la « devise » de ce blog. J’adore le jeu, recueillir les indices avec le détective et essayer de trouver la solution avant lui. Le duel entre l'auteur et le lecteur est ce qui fait tout le charme du genre. Vous aurez compris que je ne raffole pas vraiment des romans « réalistes », « noirs » et « psychologiques »

Ma préférence va aux romans policiers de « L’Age D’or » du roman d'énigme, mais il sera question des autres également, surtout s'ils perpétuent la tradition: vieux, récents, anglais, français, japonais…

Je tiens à remercier Xavier Lechard, qui me sert de correcteur pour ce blog. Je vous recommande son blog « At the Villa Rose », bilingue et écrit avec beaucoup d’érudition!

Bien sûr, je continuerai mon blog anglais, « At the Scene of the Crime », mais ce blog hebdomadaire est pour les francophones, afin de parler de littérature policière dans la langue de Paul Halter.

À bientôt!

Patrick